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07.11.2025

Plateforme agréée (ex-PDP) : comment bien choisir pour la facturation électronique ?

Depuis la mise à jour réglementaire d'octobre 2024, le terme plateforme de dématérialisation partenaire (PDP) a laissé place à celui de plateforme agréée (PA). Un changement de nom, mais surtout une clarification du rôle de ces acteurs dans le dispositif de facturation électronique obligatoire : toutes les transmissions de factures entre entreprises assujetties à la TVA devront désormais transiter exclusivement par une PA immatriculée par l'État.

Choisir sa plateforme agréée pour dématérialiser ses factures fournisseurs est une décision qui engage votre organisation sur la durée, avec des implications directes sur vos processus internes, vos outils existants et votre conformité réglementaire.

Facturation électronique : une réforme qui s'inscrit dans un cadre plus large

En France, l'émission des factures au format électronique deviendra obligatoire pour les transactions B2B domestiques dès le 1er septembre 2026 pour les grandes entreprises et les ETI. Les PME et les TPE disposeront d'un délai supplémentaire, avec une obligation prenant effet à compter du 1er septembre 2027. L'ensemble des entreprises, quelles que soient leurs tailles, devront être en capacité de recevoir des factures électroniques à partir du 1er septembre 2026.

Cette réforme s'inscrit dans une dynamique plus large au sein de l'Union européenne, notamment avec le projet ViDA (VAT in the Digital Age), qui vise à :

Lutter contre la fraude à la TVA :  en France, on estime que 9,5 milliards d'euros de TVA échappaient à la collecte en 2025

Digitaliser les obligations de déclaration de TVA et s'orienter vers un reporting en temps réel

Faciliter le commerce intra-UE, tout en réduisant les écarts de TVA, évalués à 128 milliards d'euros en 2023

Réduire les coûts administratifs de gestion de la TVA

Centraliser l'administration de la TVA par le biais de guichets uniques

Le rôle stratégique des plateformes agréées

Au cœur de la réforme se trouvent les plateformes agréées (PA), anciennement appelées PDP. Ces tiers de confiance immatriculés par l'État jouent un double rôle : transmettre les factures dans les bons formats, et assurer la remontée des données vers le Portail Public de Facturation (PPF) et par conséquent vers l'administration fiscale.

La DGFiP laisse aux entreprises la liberté de choisir leur PA. Le premier critère de sélection est naturellement l'immatriculation délivrée par l'administration. À ce jour, plus de 90 plateformes ont été immatriculées, dont Medius dans le cadre de l'obligation PDP.

PA, OD, Chorus Pro : qui fait quoi ?

Avant de choisir, il faut comprendre qui sont les acteurs en présence.

Une plateforme agréée (PA) est un prestataire privé immatriculé par la DGFiP. Elle prend en charge l'émission, la réception et la transmission des factures électroniques entre entreprises, ainsi que la remontée des données vers le Portail Public de Facturation (PPF). Elle peut également convertir les formats de factures en réception et assurer l'archivage légal. C'est le seul acteur habilité à transmettre directement les données à l'administration fiscale.

Un opérateur de dématérialisation (OD) est une solution compatible qui permet de générer et recevoir des factures électroniques, mais qui doit obligatoirement passer par une PA pour la transmission des données à l'administration. C'est une option intermédiaire, souvent intégrée dans des logiciels comptables ou ERP existants.

Chorus Pro est la plateforme publique gratuite mise à disposition par l'État. Elle reste obligatoire pour les factures à destination des entités publiques (B2G) et reste accessible pour les échanges B2B, mais elle n'offre pas les services complémentaires d'une PA privée.

Recourir à une PA n'est pas une obligation légale stricte mais pour les ETI et grandes entreprises traitant des volumes importants, la PA offre un niveau de contrôle, de traçabilité et d'intégration que les solutions intermédiaires ne peuvent pas garantir seules.

Les critères pour faire le bon choix

L'immatriculation définitive. C'est le prérequis absolu. Vérifiez que la PA dispose bien d'une immatriculation définitive délivrée par l'administration, et pas seulement d'une immatriculation provisoire. La liste officielle est publiée sur le site des impôts.

La compatibilité avec vos outils existants. Votre PA doit s'intégrer nativement à votre ERP, votre solution de comptabilité fournisseurs et vos outils de gestion des achats. Une PA qui nécessite des développements spécifiques lourds pour s'interfacer avec votre système d'information représente un risque projet et un coût qui alourdissent la transition.

La couverture des formats. La plateforme doit gérer les trois formats officiels : Factur-X, UBL et CII  aussi bien en émission qu'en réception, et être capable de convertir les formats selon les capacités de vos fournisseurs et clients.

La gestion du e-reporting. Si votre activité inclut des ventes B2C ou des opérations internationales, votre PA doit également prendre en charge la transmission des données de e-reporting à l'administration. Ce volet est souvent sous-estimé dans les projets de mise en conformité.

La volumétrie et la scalabilité. Une PA dimensionnée pour des TPE ne répondra pas aux besoins d'une ETI qui traite des dizaines de milliers de factures par mois. Évaluez les engagements contractuels sur les délais de traitement, les taux de disponibilité et les conditions en cas d'incident.

L'accompagnement dans la durée. La réforme évolue, votre PA doit être capable d'absorber ces mises à jour réglementaires sans vous demander de revoir votre organisation à chaque changement.

Au-delà du choix de la PA, comment se préparer efficacement ?

Choisir sa plateforme agréée n'est qu'une étape. Pour réussir ce projet de transformation, les entreprises doivent engager une démarche plus large dès maintenant :

Impliquer les parties prenantes : équipes financières, comptables, juridiques et informatiques

Nommer un chef de projet et identifier les utilisateurs clés pour recueillir les besoins et les points de friction

Évaluer les outils actuels pour vérifier leur compatibilité avec les exigences de la réforme et leur capacité à s'intégrer avec la PA choisie

Initier un projet pilote pour tester les processus et valider les choix technologiques avant la généralisation du dispositif

Des bénéfices qui dépassent la simple conformité

Au-delà de la mise en conformité, l'implémentation de la facturation électronique dans votre processus de comptabilité fournisseurs génère des gains opérationnels concrets :

Rationalisation et automatisation des processus financiers

Réduction des coûts et des délais de traitement des factures

Réduction des retards de paiement, qui atteignaient encore 14,1 jours en moyenne en France en 2025

Moins d'erreurs de saisie

Visibilité en temps réel, meilleur pilotage de la trésorerie et du BFR

Réactivité renforcée face aux évolutions réglementaires

Plateforme Agréée Medius : une intégration native dans votre processus AP

Medius est une plateforme agréée immatriculée dans le cadre de la réforme française. Ce qui la distingue d'une PA généraliste, c'est son ancrage dans le cycle complet de la comptabilité fournisseurs : la réception des factures électroniques s'intègre directement dans les workflows d'AP automation sans couche intermédiaire supplémentaire.

FAQ - Plateforme agréée (ex-PDP)

Pas obligatoirement. Vous pouvez passer par un opérateur de dématérialisation (OD) qui se connecte lui-même à une PA. En revanche, dès septembre 2026, toute facture B2B devra transiter par une PA directement ou via votre OD.

Non. L'interopérabilité entre PA est une exigence de la réforme. Les plateformes doivent pouvoir communiquer entre elles. Vous pouvez choisir la PA qui correspond à vos besoins indépendamment de celle de vos partenaires commerciaux.

Vous devrez migrer vers une autre PA. C'est un risque réel à anticiper dans vos critères de sélection, privilégiez des acteurs disposant d'une immatriculation définitive et d'une solidité financière établie.

Cela dépend de la complexité de votre système d'information. Pour une entreprise avec un ERP standard, le déploiement peut prendre quelques semaines. Pour une organisation multi-entités avec plusieurs ERP et des flux complexes, comptez plusieurs mois. C'est une raison supplémentaire pour s’y mettre avant septembre 2026.

Non. Depuis octobre 2024, le PPF ne joue plus un rôle de transmission de factures entre entreprises. Il sert de concentrateur de données et d'annuaire. Pour émettre et recevoir des factures électroniques en B2B, vous devez obligatoirement passer par une PA.

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